Action social

Malgré certaines potentialités (présence du chemin de fer, activités industrielles, climat), la Région d’Ali-Sabieh est caractérisée par une très grande pauvreté qui affecte de manière profonde d’importantes franges de la population. Environ 86% de la population vivrait près ou au-dessous du seuil de la pauvreté.

De nombreux ménages connaissent une condition d’extrême vulnérabilité vis-à-vis des crises économiques et écologiques récurrentes. En appliquant à la région les taux nationaux, on peut estimer que le taux de mortalité des moins de 15 ans serait de 143 par 1000 naissances et celui de la mortalité infantile de 100.

Des franges importantes de la population vivraient près ou au-dessous du seuil de la pauvreté (‘pauvreté relative’ et ’pauvreté extrême’, voir Encadré 4). En suivant les données nationales, cette pauvreté frapperait plus de 80% de la population, soit environ 8.000 ménages Par ailleurs, comme partout à Djibouti, il y a une forte corrélation entre chômage et pauvreté : en effet, la pauvreté est la plus forte parmi les ménages dont les chefs sont des chômeurs, des travailleurs indépendants ou des inactifs.

Les seuils de la pauvreté à Djibouti
Dans la Région d’Ali-Sabieh, comme partout ailleurs à Djibouti, la pauvreté monétaire peut être appréhendée à partir de deux seuils de pauvreté:
- Un seuil de pauvreté relative de 584 Fdj (soit 3,3$) par adulte et par jour prenant en compte les dépenses alimentaires et non-alimentaires. En zone rurale, cette pauvreté relative peut atteindre jusqu’à 95% de la population.
- Un seuil de pauvreté extrême de 318 Fdl (soit 1,8$) déterminé sur la base des besoins alimentaires minimaux correspondant à un apport calorifique journalier de 2.115 calories par équivalent adulte. [Source : Banque Africaine de Développement]

Au-delà des différences entre les systèmes de production locaux– qu’ils soient axés sur l’exploitation de le terre agricole, du cheptel animal ou les activités informelles – ‘le pauvre’ à Ali-Sabieh est ainsi celui qui :

  • Ayant perdu une partie importante du son cheptel, n’arrive plus à nourrir sa famille de manière convenable,
  • Vit dans des secteurs enclavés et éloignés des infrastructures sanitaires et scolaire de base,
  • Utilise des services sanitaires manquant d’un équipement de base approprié ou des infrastructures hydrauliques vétustes,
  • N’a ni le savoir-faire ni la capacité financière pour entreprendre ou développer des activités économiques informelles porteuses (petit commerce près des infrastructures ferroviaires, par exemple),
  • N’est pas conscient des problèmes sanitaires liés à la mauvaise qualité de l’eau potable,
  • Ne participe pas aux prises de décisions concernant les conditions locales d’existence.

Par conséquent, la pauvreté locale a plusieurs dimensions, en particulier par rapport aux différents aspects du capital dont dispose la région :
fleche Par rapport au capital physique : L’incapacité des infrastructures socio-collectives existantes répondre aux besoins de base des populations de manière satisfaisante.
fleche Par rapport au capital humain : L’insuffisance des services techniques déconcentrés de l’état et des services techniques régionaux dans leur rôle de fournir un appui-conseil approprié aux populations. L’absence de prestataires privés qualifiés et d’ONG capables d’offrir des services de qualité aux populations; le nombre relativement élevé de filles qui ne suivent pas le cycle de l’école primaire; et un taux très élevé d’analphabétisme (qui peut être estimé à environ 70%, comme dans le reste du pays).
fleche Par rapport au capital naturel : Le manque d’eau pour des cultures d’irrigation, les déficits chroniques en pâturages, la fréquence et l’incidence des maladies animales, le manque de terres cultivées et cultivables, l’absence de ressources ligneuses et l’impact environnemental d’une population relativement importante de réfugiés provenant des pays limitrophes.
fleche Par rapport au capital financier : L’incapacité des populations à accéder au capital financier, à cause de la quasi-absence de structures bancaires et la faiblesse du réseau de microfinance.
fleche Par rapport au capital social : Le faible nombre des associations de la vie civile ou l’inexpérience des associations existantes. Le faible nombre de groupements de producteurs, en particulier d’associations de femmes. Les problèmes sociaux (violence et insécurité) liés à la présence d’une population de réfugié relativement importante.